Wikileaks, the trailer.

Je n’ai pas été impressionné par les scandales révélés par Wikileaks. J’avais beaucoup d’attentes, mais rien n’a pu me satisfaire. Au loin, je voyais un immense raz-de-marée d’informations confidentiels et de renseignements top-secrets, mais finalement la vague est retombée avant d’atteindre la plage. J’en suis déçu: on a joué avec ma naïveté. Je me rends alors compte à quel point il est facile pour les médias de faire du sensationnalisme. Les journalistes n’ont pas trouvé ce qu’ils recherchaient réellement, mais ils en ont eu assez pour scandaliser les lecteurs. Évidemment, je n’ai pas pu lire les 257 287 fuites de l’ambassade américaine, publiées par Wikileaks. Alors, j’ai dû analyser ce que les médias nous ont rapportés. J’ai alors cru découvrir ce que nous cache les dirigeants, derrière leurs beaux sourires et leurs grandes paroles. Malheureusement, ce qui a été rapporté n’est qu’un ramassis de « bitchage » et de « chiâlage ». Les documents de Wikileaks révèlent, à l’échelle internationale, certaines relations entre politiciens qui se déroulent de façon normale, quoi qu’un peu hypocrite. C’est ce qu’on appelle de la diplomatie, en d’autres mots. Ces derniers, mal à l’aise, ont jeté de l’huile sur le feu en répliquant à l’organisme. Il s’agit ici, de grands moments médiatiques!

Pierre Foglia résume bien la situation: « La diplomatie, qui est la politesse des nations, c’est pareil [à l’hypocrisie qui se retrouve dans la politesse même]. Elle n’a jamais prétendu à autre chose qu’à réguler les rapports entre les nations. Ça prend des formes, des retenues et des tas de conventions. Cela n’empêchera pas le consul de la Papouasie de confier à sa femme qu’il en a marre d’être à Montréal, d’ajouter que c’est un pays de merde et qu’il a hâte d’être nommé à Monaco. Si sa femme en fait l’objet d’un courriel – Charles en a plein le cul du Québec – et que ce courriel est intercepté, les journaux titreront: «Les Papous nous haïssent».

 Les révélations de Wikileaks se résument à cet exemple. Il y a des diplomates, des secrétaires d’états, des ministres qui font des confidences « secrètes » sur les représentants de différents pays. « Le directeur de la SCRS trouve que les Canadiens et leurs tribunaux ont une vision du monde « à la Alice au pays des merveilles » ». C’est ça, les découvertes monstres de Wikileaks? Que dire du gros titre « Un des documents révélés par Wikileaks sur le Canada concerne Omar Khadir »? J’ai lu l’article, on ne parle même pas du détenu! Elle porte sur le directeur de la SCRS, qui croît que Wikileaks incite les gens à supporter l’antiaméricanisme. Merci à Radio-Canada de faire parti de ce sensationnel tourbillon sans fond, sans fin. C’est ça la démocratisation des médias? Des gros titres, pas plus?

 Qu’est-ce qui fait en sorte que ces documents ont suscité un tel engouement de la population? J’ai ma petite idée. En tombant sur les gros titres, j’avais l’impression d’être sur le point de découvrir des renseignements plus que secrets, comme dans un film. Pas n’importe lequel! Un film où toutes les meilleures enquêtes policières du cinéma étaient réunis ensemble, dans le monde d’aujourd’hui. J’ai vite réalisé que je subissais une assimilation du contenu cinématographique, principalement dû au fait que je n’ai jamais, comme vous tous, vécu une telle histoire, et que je ne la vivrai jamais. En effet, cela ressemble à la théorie du complot, sauf qu’elle est présentée prématurément. Tout le monde se méfie des gouvernements, de ceux qui ont le pouvoir, de ceux qui gardent notre argent. C’est normal de s’imaginer l’existence d’un complot intelligent, caché de tous, où une société secrète organise le tout, où seulement quelques individus savent ce qui se passent réellement dans le monde. C’est normal de s’imaginer un scénario de cinéma. Si les médias nous annoncent quelque chose de grandiose, c’est parce que l’on croit tous qu’il se passe quelque chose d’incroyable à travers les relations internationales. C’est pour cela qu’il est facile de faire du sensationnalisme. C’est pour cela que les médias annoncent les nouvelles comme ils annoncent un film.

 J’aimerais analyser un autre point. Wikileaks s’est fait connaître parce qu’ils ont réussit à mettre la main sur un vidéo, en 2007, d’un raid aérien de l’armée américaine en Irak. Encore un fois, il s’agit bel et bien de documents secrets: mais avez-vous besoin de voir des gens se faire tuer pour avoir une idée de la guerre? Le plus absurde, c’est que la vidéo sur dailymotion.com est intitulé bavure en Irak. Quel connerie! Ces gens n’ont pas compris que la guerre est une bavure en soi. Que des civils se faisant descendre, c’est le quotidien de la guerre. Qu’il s’agit alors, d’un échec monumental. C’est ça le plus ironique: les Américains avaient besoin d’une image à la télévision pour dénoncer cette réalité. Ils s’attendaient à quoi, que la guerre soit une affaire de héros, comme dans les films de Bruce Willis? Et bien il semble que oui. Cependant, ils se sont trompés. La guerre, c’est des gens qui se tuent froidement et lâchement. Le soldat qui dit: « Yeah! They are dead bastards » n’est pas un soldat Ryan.

 Enfin, je lance ma dernière flèche aux médias, qui sont incapables de nuancer: Wikileaks encourage la démocratisation du journalisme! Wikileaks entraîne la répression du peuple! Selon moi, Wikileaks apporte de nouveaux sommets d’absurdités médiatiques: les gens se lèvent pour des potins à saveur politique à cause de documents qui s’annonçaient « révolutionnaires ».

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A propos Doc Mailloux

Je ne suis pas vraiment le docteur Mailloux, mais il s'agit tout de même d'un personnage fascinant, puisqu'il peut commenter n'importe quoi, raconter des conneries sur n'importe qui, et il sera diffusé partout. S'il parle, tout le monde réagit, un peu comme s'il était une des personnes les plus importantes du Québec. Et pourquoi pas? Il y a eu Maurice Richard, René Lévesque et maintenant... le Doc.
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